Constitué d’agent·es engagé·es pour retrouver le sens qui fonde le service public et ses missions au quotidien, le collectif « Nos services publics » vient de publier un rapport sur le vécu des agent·es au travail. Mal-être, dégradation des conditions de travail… le constat est sans appel.
Conduite entre octobre 2025 et février 2026 par le collectif « Nos services publics », l’enquête « Hiérarchie et management dans les services publics » a réuni 20 503 réponses, et livre un constat sans équivoque sur les conditions de travail des agent·es. Sans surprise, ses conclusions rejoignent les observations que la CGT exprime depuis des années.
Des agent·es attaché·es au service public mais empêché·es de bien faire leur travail
Loin du récit réactionnaire sur des fonctionnaires désengagé·es, indifférent·es ou inefficaces, les agent·es public·ques sont conscient·es de l’importance de leurs missions.
Les services publics sont au cœur de la réponse aux besoins des usager·es, et œuvrent pour l’intérêt général. Pourtant, les décisions politiques des gouvernements successifs grèvent leur fonctionnement, ce qui impacte directement les agent·es.
Au-delà de l’effet de ce mal-travail sur les usager·es, la qualité empêchée est une des causes principales de la souffrance au travail : c’est une atteinte au sens du travail, à l’éthique professionnelle et, à terme, à la santé des travailleur·ses.
Les agent·es qui doivent souvent renoncer à faire du bon travail déclarent davantage une mauvaise ambiance, se sentent moins bien au travail et doutent davantage de leur capacité à tenir jusqu’à la retraite.
Réfléchir aux conditions du bien-être au travail
Redonner du pouvoir aux agent·es
L’enquête du collectif « Nos services publics » conforte les analyses de la CGT : le bien-être et la santé au travail sont le produit de conditions de travail qui sont de la responsabilité de l’employeur. Les employeurs publics doivent :
- offrir des effectifs ou des budgets à la hauteur des missions ;
- mettre fin aux suppressions de postes et aux restructurations permanentes ;
- garantir le maintien des services de proximité ;
- garantir la titularisation et la stabilisation des équipes ;
- sortir du management par les chiffres ;
- rétablir des espaces de discussion sur le travail réel ;
- garantir le droit à la déconnexion ;
- réduire l’intensité et le temps du travail ;
- encadrer strictement les transformations numériques et l’intelligence artificielle.
Il est essentiel de redonner du pouvoir aux agent·es et à leurs représentant·es :
- rétablissement du CHSCT de plein exercice ;
- droits d’enquête et d’expertise ;
- droit d’alerte renforcé ;
- études d’impact obligatoires avant toute réorganisation ;
- accès aux informations utiles ;
- possibilité de suspendre les projets qui mettent gravement en danger la santé ou la qualité du service public.
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