Overblog Tous les blogs Top blogs Associations & ONG
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La présentation du projet de loi transposant la directive européenne sur la transparence salariale, deux jours avant le 8 mars, n’a rien d’un hasard. Pour la CGT, il s’agit d’une opération de communication. À ce stade, le texte ne serait débattu au Parlement qu’à l’automne, alors même que la directive doit être transposée avant juin.

Pendant des mois, le gouvernement a traîné sur la transposition espérant que la directive soit affaiblie au niveau européen avant d’agir. Depuis 2 ans que la directive européenne a été adoptée à Bruxelles le patronat fait tout pour empêcher son application. Heureusement grâce à la bataille menée avec la CES, la commission européenne a confirmé hier, jeudi 6 mars qu’il n’y aurait pas de remise en cause de la directive. Le gouvernement français agit donc au pied du mur à la veille de la journée internationale des droits des femmes pour masquer son retard.

Sur un sujet aussi fondamental que l’égalité salariale, la CGT attendait un travail de fond avec les organisations syndicales et le Parlement. Au lieu de cela, l’exécutif présente un texte tardivement et dans la précipitation, alors que la directive est adoptée depuis 2 ans et doit être transposée d’ici juin.

Un texte qui comporte plusieurs reculs

Pour les entreprises de moins de 250 salarié·es, les écarts de rémunération seraient calculés tous les trois ans. Avec l’index de l’égalité professionnelle, ce calcul était annuel. Pour la CGT, c’est clairement un recul : espacer les contrôles revient à organiser l’impunité des inégalités salariales.

Le texte permettrait également à l’employeur de définir seul les catégories de travailleurs et travailleuses en l’absence d’accord collectif. Si l’employeur peut décider unilatéralement, quel intérêt aura-t-il encore à négocier ? La négociation collective est ainsi vidée de sa substance.

Enfin, le point le plus grave reste l’absence de sanction réelle en cas d’écarts de rémunération injustifiés. En clair : on sanctionnerait l’absence de déclaration, mais pas les inégalités salariales elles-mêmes.

La CGT exige une véritable transposition

La CGT demande une transposition fidèle et ambitieuse de la directive européenne, comportant de réelles avancées pour les salariées : des mesures de transparence renforcées, un suivi annuel des écarts et des sanctions effectives contre les employeurs qui pratiquent des discriminations salariales. La CGT refuse qu’encore une fois le patronat bloque les avancées en faveur de l’égalité salariale.

Les salariées n’ont pas besoin d’une opération de communication : elles ont besoin de droits contraignants et appliqués. C’est pour cela que la CGT appelle toutes les travailleuses et travailleurs à la mobilisation la plus large possible le 8 mars, avec près de 200 manifestations déjà prévues partout en France.

Montreuil, le 6 mars 2026

Tag(s) : #Actualité revendicative
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :